Bonjour Laracroft,
Il est évident que dans ce cas, nous avons besoin du soutien de ses proches et qu'avant de faire bonne figure, il faut pouvoir craquer. Pour l'instant, tu es dans l'attente et c'est le plus dur. Une fois que tu seras dans "l'action" ce sera différent même si comme le dit Oeildebraise, c'est également difficle mais là personne ne pourra te dire que ce n'est rien. ET puis tu n'as pas besoin de 36 personnes autour de toi, une ou deux sur lesquelles tu peux réellement compter sont suffisantes. ET renseigne toi, il y a peut être un groupe de la ligue du cancer près de chez toi,ils peuvent également t'aider et t'écouter en sachant de quoi tu parles, tout comme nous le faisons ici.
N'oublie pas une chose, c'est que le cancer comme la maladie en général, fait peur. Les gens préfèrent penser que ce n'est pas grave, que ça se soigne. Les gens préfèrent faire l'autruche en se disant qu'ainsi ça ne leur arrivera pas. Dis toi que même si c'est dur, tu le "vivras mieux" que ta dépression car là aussi tu as dû entendre bien des choses du genre, "tu as tout pour être heureuse".
Je parle en connaissance de cause, une de mes soeurs m'a dit tu parles plus de ton cancer que de ta dépression et oui parce-que c'est plus concret, c'est une chose qui est physique qui est plus facile à expliquer alors que tout ce qui touche au moral n'est pas "palpable".
Ta grande force, ce sont tes enfants parce que ce sont eux qui vont te donner l'énergie, surtout ton 2ème qui, a son âge, ne se rendra pas vraiment compte qu'il y a qq chose de différent, il va continuer à progresser et à faire des choses qui te feront sourire. Pour l'aîné, je pense qu'il faut que tu lui expliques les choses simplement quand tu en sauras un peu plus. Ne rien lui cacher mais en minimisant un tant soit peu pour qu'il ne soit pas angoissé, il ne doit pas craindre que tu lui caches des choses. Surtout qu'à son âge, je suppose qu'il sait aller sur internet pour chercher des renseignements, alors il vaut mieux le faire avec lui.
Je suis également d'accord avec oeildebraise pour ton mari. Lui aussi doit entrer dans ce contexte de cette maladie et va devoir assurer auprès de ses enfants et de toi dans les pires moments. Mais, il l'a sûrement déjà fait lors de ta dépression. Il peut y avoir de la lassitude de sa part évidemment mais je me répète, ce n'est pas la même maladie et le traitement de celle-ci est plus concrêt, plus facile à comprendre. Demande lui quelles sont ses peurs et fait lui part des tiennes. Viens sur ce forum et fait lui lire quelques témoignages. N'oublie pas non plus que c'est difficile pour l'entourage qui ne sait pas comment agir. Dis leur simplement que tu as besoin d'exprimer tes craintes.
Bon courage, pleure un bon coup seule, écrit toutes tes craintes, tes pensées et une fois que tu auras lâché tout ce que tu as sur le coeur et dans l'esprit, tu pourras être un peu plus sereine. Personnellement, ce qui m'a fait peur à l'annonce, c'est le fait de passer du monde des "normaux" au monde des malades et des hôpitaux et lorsque mon traitement à été terminé, c'est le trajet inverse qui m'a semblé difficile et que j'ai eu du mal à accepter, aujourd'hui c'est mieux mais je m'aperçois que certaines personnes préfèrent ne pas me parler comme si j'étais contagieuse, pourtant j'ai eu la chance de ne pas avoir de chimio et donc physiquement, je n'ai pas changer. Alors tu vois, globalement la nature humaine n'est pas terrible mais il y a quand même du bon et les vrais amis seront là, et comme tu le sais, les bons amis se comptens sur les doigts d'une main.
Dernière chose, je vis seule avec un chien et mon inquiétude était de savoir comment j'allais gérer les choses, garde de la chienne, pansements à la sortie, transport, aide au ménage, etc. Une fois que j'ai réglé tout cela, je me suis sentie plus calme pour aller à la clinique et l'intervention s'est bien passée.
Je t'embrasse et espère que tout mon blabla t'aidera à te sentir un peu mieux. Tu n'es pas seule puisque nous sommes toutes là pour te soutenir, tu peux tout nous dire.